Tendinite du long biceps à l’épaule – prise en charge en kinésithérapie à Etterbeek / Bruxelles
La tendinite du long biceps (souvent appelée tendinopathie du long biceps) correspond à une irritation du tendon du biceps à son passage dans la gouttière bicipitale, à l’avant de l’épaule. Elle apparaît fréquemment après une surcharge, des mouvements répétitifs (surtout au-dessus de la tête) ou en association avec d’autres problèmes de l’épaule (coiffe des rotateurs, conflit sous-acromial, instabilité).
Elle peut provoquer une douleur à l’avant de l’épaule, une gêne à l’effort, parfois une douleur nocturne, et une baisse de force lors du port de charges.
Symptômes fréquents
Les manifestations typiques d’une tendinite du long biceps incluent :
- douleur à l’avant de l’épaule, parfois bien localisée dans la zone de la gouttière bicipitale
- douleur augmentée par le port de charges, le tirage (sac, valise, traction), ou les mouvements au-dessus de la tête
- gêne lors de certains gestes : attraper un objet en hauteur, mettre une veste, porter un enfant, activités sportives (natation, tennis, musculation)
- sensibilité à la pression sur la partie antérieure de l’épaule
- parfois douleur la nuit ou au repos, surtout si l’épaule est comprimée en position couchée
- sensation de claquement ou d’accrochage (plus rare, et à interpréter avec prudence car d’autres structures peuvent en être responsables)
Les symptômes s’installent souvent progressivement et s’aggravent si la charge et les gestes irritants persistent sans adaptation.
Causes et facteurs favorisants
La tendinite du long biceps survient généralement dans un contexte de surcharge et de contraintes répétées. Les facteurs fréquents sont :
- augmentation rapide des activités de tirage ou de port (musculation, déménagement, travail manuel)
- sports sollicitant l’épaule de façon répétée (natation, sports de lancer, tennis, cross-training)
- mouvements répétés au-dessus de la tête (travail, bricolage, peinture)
- manque de force ou de contrôle de la scapula (omoplate) et de la coiffe des rotateurs, entraînant une sur-sollicitation du tendon
- raideur de l’épaule ou de la cage thoracique, modifiant la mécanique de l’épaule
- association fréquente avec une tendinopathie de la coiffe des rotateurs ou un conflit sous-acromial
Quand consulter
Une consultation en kinésithérapie est recommandée si :
- la douleur persiste plus de 10 à 14 jours malgré une adaptation des activités
- la gêne limite le travail, le sport ou les gestes du quotidien
- vous avez une douleur nocturne récurrente ou une perte de force fonctionnelle
- la douleur revient dès que vous reprenez l’entraînement ou le port de charge
Signaux d’alerte nécessitant une évaluation médicale rapide : douleur brutale après traumatisme, déformation ou “boule” apparue dans le bras (suspicion de rupture du biceps), perte de force marquée et soudaine, engourdissements importants ou douleur irradiant fortement dans le bras.
Bilan en kinésithérapie
Le bilan vise à identifier le mécanisme réel de la douleur (biceps, coiffe, articulation, scapula, cou), et à construire un plan de rééducation précis. Il comprend généralement :
- analyse de la douleur (localisation, déclencheurs, évolution, douleur nocturne)
- mesure de la mobilité active et passive de l’épaule et de la cage thoracique
- évaluation de la force et de l’endurance (coiffe des rotateurs, stabilisateurs scapulaires, biceps)
- tests fonctionnels ciblés (gestes sportifs, port de charge, mouvements au-dessus de la tête)
- analyse des facteurs favorisants : posture, contrôle de l’omoplate, volume d’entraînement, technique, ergonomie
L’objectif n’est pas seulement de calmer l’inflammation ou l’irritation, mais surtout de corriger les contraintes qui surchargent le tendon.
Prise en charge kinésithérapique
La prise en charge est le plus souvent conservatrice et repose sur une progression de charge bien dosée.
Éducation et gestion de la charge
- adaptation temporaire des gestes irritants (port, tirage, mouvements répétés au-dessus de la tête)
- ajustement du volume d’entraînement (réduction, réintroduction progressive)
- conseils ergonomiques au travail et dans la vie quotidienne
- stratégie de sommeil (positions moins compressives pour l’épaule)
Techniques manuelles (selon le profil)
- mobilisations douces de l’épaule et du haut du dos pour améliorer la mécanique
- techniques de relâchement des tissus autour de l’épaule si besoin
- travail de la mobilité thoracique et scapulaire
Exercices thérapeutiques (pilier du traitement)
- restauration du contrôle de l’omoplate : stabilité, timing, endurance
- renforcement progressif de la coiffe des rotateurs (rotations externes et internes, stabilité)
- reconditionnement progressif du biceps : isométriques puis renforcement concentrique/ excentrique adapté
- réintégration fonctionnelle : port de charge, mouvements au-dessus de la tête, gestes sportifs spécifiques
La progression est calibrée pour stimuler le tendon sans provoquer de rebond douloureux.
Exercices recommandés à domicile
Objectif : diminuer la douleur, restaurer le contrôle de l’épaule et recharger progressivement le tendon.
Règles de tolérance : un inconfort léger pendant l’exercice peut être acceptable, mais la douleur ne doit pas augmenter nettement ni persister durablement après la séance. Si la douleur “monte” le lendemain, réduisez la charge, l’amplitude ou le nombre de répétitions.
Exemples d’exercices (à adapter après bilan) :
- Pendulum (balancements)
- 1 à 2 minutes, 1 à 2 fois par jour, pour mobiliser sans contrainte excessive.
- Serrage des omoplates (stabilisation scapulaire)
- 2 à 3 séries de 10 à 15 répétitions, en recherchant un mouvement contrôlé, sans hausser les épaules.
- Rotations externes avec bande élastique, coude au corps
- 2 à 3 séries de 8 à 12 répétitions, amplitude progressive, contrôle lent.
- Isométrique du biceps (phase douloureuse)
- coude à 90 degrés, “tenir” une résistance légère sans mouvement, 5 répétitions de 20 à 30 secondes.
Cet exercice est souvent utile pour réduire la douleur et amorcer la recharge.
- Reprise du port de charge (phase de retour)
- port de charge léger et contrôlé (sac, haltère), puis progression graduelle selon la tolérance.
Ces exercices sont des exemples. Le bon choix et le bon dosage dépendent de votre douleur, de votre sport et des déficits identifiés au bilan.
Options médicales complémentaires
Selon l’intensité et l’évolution, un médecin peut proposer :
- antalgiques ou anti-inflammatoires à court terme si nécessaire
- imagerie si suspicion de lésion associée (coiffe, SLAP, rupture) ou si l’évolution n’est pas cohérente
- infiltration dans certaines situations (à discuter au cas par cas, en fonction du diagnostic précis)
- chirurgie rarement indiquée, plutôt réservée aux lésions associées importantes ou à l’échec d’un traitement conservateur bien conduit
Évolution et délais
Avec une prise en charge adaptée (gestion de charge + exercices progressifs), l’évolution est souvent favorable. Une amélioration nette est fréquemment observée en quelques semaines, mais la récupération complète et la reprise sportive stable peuvent nécessiter plusieurs semaines à quelques mois, selon l’ancienneté, les facteurs associés (coiffe, conflit) et les exigences de votre activité.
Pathologies associées ou à différencier
Une douleur à l’avant de l’épaule n’est pas toujours uniquement liée au long biceps. Le bilan permet de distinguer notamment :
- tendinopathie de la coiffe des rotateurs
- bursite sous-acromiale / conflit sous-acromial
- lésion du labrum (type SLAP)
- capsulite rétractile
- arthropathie acromio-claviculaire
- douleur cervicale référée (cervicalgie avec irradiation)
- rupture partielle ou totale du tendon du biceps (tableau plus brutal ou avec déformation)
Foire aux questions (FAQ)
La douleur à l’avant de l’épaule veut-elle forcément dire “biceps” ?
Non. Le long biceps est une cause fréquente, mais d’autres structures peuvent mimer cette douleur. D’où l’intérêt d’un bilan précis.
Puis-je continuer le sport ?
Souvent oui, mais avec une adaptation : réduire temporairement les mouvements provocateurs, ajuster les charges et suivre une progression de renforcement. L’objectif est de maintenir l’activité sans entretenir l’irritation.
Combien de temps pour aller mieux ?
Beaucoup de patients ressentent une amélioration en quelques semaines, mais la consolidation (retour complet et durable à la charge) peut demander plus longtemps selon le contexte.
La kinésithérapie suffit-elle ?
Dans la majorité des cas, oui, surtout quand la prise en charge inclut une gestion de charge rigoureuse et un renforcement progressif de la coiffe et de la scapula.
Tableau synthèse
| Élément | Points clés |
|---|---|
| Définition | Irritation du tendon du long biceps à l’avant de l’épaule, souvent liée à une surcharge et parfois associée à d’autres problèmes de l’épaule. |
| Symptômes | Douleur antérieure, gêne au port/tirage, douleur au bras levé, sensibilité locale, parfois douleur nocturne. |
| Causes fréquentes | Augmentation de charge, gestes répétitifs, sport/ travail au-dessus de la tête, déficit coiffe/scapula, raideurs associées. |
| Bilan kiné | Douleur, mobilité, force/endurance, contrôle scapulaire, tests fonctionnels, facteurs de surcharge. |
| Traitement kiné | Gestion de charge, éducation, mobilisations ciblées si besoin, renforcement coiffe/scapula, recharge progressive du biceps, retour au geste. |
| Exercices | Pendulum, stabilisation scapulaire, rotations externes, isométriques biceps, progression du port de charge. |
| Évolution | Souvent favorable avec progression adaptée ; amélioration en semaines, retour complet selon charge et ancienneté. |
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